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 Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.

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Sacha
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MessageSujet: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Ven 08 Juin 2018, 17:54

Si je fais de grands sujet pour les grandes pensées économistes, je souhaiterais faire des sujets plus "modeste".
Je propose ce (ces?) topic de "petit dictionnaire de l'économie" afin de parler de mot "valise" qu'on entend régulièrement à la télé, la radio, dans les débats, les discutions, mais dont ces mots sont très souvent mal utilisé, ce qui reflète l'ignorance de la définition de ce mot par celui qui l'utilise.
Je souhaite le faire parce que souvent, ces mots sont utilisés comme des arguments que personnes n'osent remettre en question, des fois par manque de compétence, mais aussi par peur d'être rejeter par le public qui ne comprend pas ce mot et le juge intouchable (à force de l'entendre).
Par exemple, il y a de très bons arguments pour la sortie de la france de l'UE, d'autres très bon aussi pour rester dans l'UE, mais ceux qu'on entend dire "On est foutu si on sort de l'europe" sont en général incapable de justifier une telle proposition.


Ensuite, je ne sais pas trop si faire un seul topic "petit dictionnaire" qu'on enrichirait au fur et à mesure, ou faire un topic par notion. Qu'en pensez vous?


Sinon, quoi de mieux pour commencer que par l'exemple le plus régulièrement utilisé : la croissance (la "dette" est probablement au même niveau remarque).

Regarder par exemple sur cette vidéo, entre 35min02 et 35min34 (normalement, ça démarre à temps, regardez juste les 30 premières secondes) :




Alors qu'est-ce que la croissance économique? Et ben il s'agit tout simplement de l'évolution marginal du PIB :O_O:


Du coup, je ne peux pas voir parler de la croissance sans vous parler avant du PIB.

Le PIB (P.I.B. ou Pibeux, comme vous voulez)
Dans mon topic sur Adam Smith, je vous ai raconté qu'un pays n'était pas riche parce qu'il avait de l'argent, mais parce que l'argent circulait. Si vous (tout le monde) avez beaucoup d'argent, mais que vous le gardez pour vous, alors il n'y a plus de production et le système économique n’évolue pas. Vous ne consommez plus et personne ne vous paye pour votre travail puisque personne ne dépense. Tout le monde meurt de faim et l'argent ne sert à rien, on est donc un pays pauvre. En revanche, si on dépense et qu'on produit pour récupérer cet argent à dépenser, alors l'argent circule, on produit toujours plus et le pays s’enrichit. Plus l'argent circule vite, plus on s'enrichit.



Sur cette image, plus la quantité d'argent qui circule (représenté par "$$$") est importante, plus le pays est riche en moyenne. Pourquoi en moyenne, parce que j'ai représenté tous les consommateurs ensemble et tous les producteurs ensemble. Mais il est possible que certains consommateurs gagnent des salaires beaucoup plus important que d'autres, la répartition de cette circulation d'argent n'est donc pas équitable (le même raisonnement peut être fait pour les entreprises). Pour que le schéma soit parfait, il faudrait que je représente tous les consommateurs un à un et toutes les entreprises une à une, ce qui deviendrait très vite illisible. D'autant plus que des entreprises sont également les consommateurs d'autres entreprises. Enfin toujours est-il qu'un groupe de consommateurs/entreprises peuvent avoir une circulation d'argent beaucoup plus faible qu'un autre groupe, ce schéma représente donc une moyenne de ce qu'on appelle "l'économie réelle" (on peut aussi rajouter l'état qui prélève des impôts et les rends sous forme de subvention ou d'emploi de fonctionnaire, mais pour simplifier, j'ai choisi de ne pas le représenter).


Le PIB est tout simplement un estimateur de cette circulation d'argent. Un estimateur n'est donc pas quelque chose de parfait, ce n'est pas non plus une baguette magique qui va être utilisé pour résoudre nos problème. Non, un estimateur n'est qu'une valeur qui tente de représenter une situation . Par exemple, la température est un estimateur de la chaleur : Ce n'est pas parce que la température est élevé qu'il fait chaud, mais c'est parce qu'il fait chaud que la température est élevé.
Autrement dit, si vous changez les valeurs inscrite sur vos thermomètres, ça ne va pas augmenter la chaleur. Par contre, si vous augmenter le chauffage, ça va augmenter la valeur inscrite sur vos thermomètre. Pour le PIB, c'est pareil, ce n'est pas en augmentant la valeur du PIB que vous augmenterez la vitesse de circulation de l'argent, mais c'est en augmentant la vitesse de circulation de l'argent que vous augmenterez le PIB.

Du coup, comment on calcule le PIB? Il s'agit tout simplement de la somme de la productivité. Je m'explique, un produit, pour le fabriquer, vous avez besoin de matière première qui vous coûteront X€. Ces matières premières vous les travaillez pour augmenter leurs valeurs, et vous les vendrez à Y€. Du coup, votre productivité est estimé à (Y-X)€, c'est à dire la valeur de ce que vous avez rajouter au système de production (votre part de productivité). La somme de toute ces parts de productivité est donc le PIB

Notez que sur mon schéma, le PIB est exactement ce que j'ai représenté par "$$$" puisque chaque productivité est rémunérée. On peut donc lire le PIB à 2 endroits, dans le flux des entreprises vers les consommateurs et dans le flux des consommateurs vers les entreprises. Ces 2 valeurs sont donc parfaitement identique. Notez que je n'ai pas représenté l'état dans mon schéma, mais les transferts d'argents via l'état comptent aussi.

Vous allez donc me dire "Oui, mais tu as dit que les "$$$" sont une moyenne et que ça ne représente pas les inégalité de la répartition de cette circulation!" et je vous répondrait tout simplement : oui. :snap:
En effet, le PIB est loin d'être parfait :
+En premier lieu, quand plusieurs personnes sont ensemble pour produire, il est compliqué de savoir quel à été la valeur de leur part de production (donc leur salaire "juste"). On sait juste que la somme des salaires et bénéfices représente la somme des productivités.

+En second lieu, le PIB ne permet de dire si tous les secteurs fonctionnent à la même vitesse où s'il y en a que quelques uns qui fonctionnent à plein régime (en étant par exemple favorisé par des décisions politiques).

+En troisième lieu, le PIB ne compte pas non plus les actes de production "bénévole". Si vous travaillé dans une association, ça ne compte pas dans le PIB, mais si vous faite exactement le même travail en entreprise, alors ça compte dans le PIB. Si vous et votre voisin tond chacun sa pelouse, ça ne compte pas dans le PIB, mais si chacun tond la pelouse de l'autre, en s'échangeant exactement la même somme d'argent, ça compte dans le PIB (et si l'état reçoit la TVA mais vous la rend sous forme de subvention pour votre emploi, alors cette subvention compte aussi). On peut donc facilement "manipuler" le chiffre du PIB sans réellement augmenter cette somme de productivité.

+En 4ème lieu, le PIB ne prend pas en compte le nombre d'habitant. Hors plus il y a de personne, plus il y a de main d’œuvre pour produire. Donc on peut augmenter le PIB en augmentant la démographie. Mais si la démographie augmente plus vite que le PIB, alors le PIB augmente, mais on s'appauvrit. Un autre estimateur qui prend en compte ça est le PIB par habitant, qui est la valeur du PIB divisé par le nombre d'habitant. Donc le PIB peut augmenter en même temps que le PIB par habitant diminue. Mais ce PIB par habitant reste une valeur moyenne et ne représente toujours pas les inégalités.

Donc si le PIB est une très bonne invention, il ne faut pas oublié qu'il a quand même ses limites

Et la croissance dans tout ça?
C'est bien beau d'avoir un PIB, il essai tant bien que mal de représenter un "niveau de richesse" de notre pays. Mais avec juste une note, on ne peut pas savoir si on s'enrichit ou si on s'appauvrit. La croissance nous permet de savoir de combien on s'est enrichit (ou appauvrit) par rapport à l'année d'avant.

On pourrait se dire que si on a une année un PIB de 100 milliard et l'année suivante 101 milliard, on a produit pour 1 milliard de plus cette année que l'année dernière. C'est un peu l'idée mais il y a un piège : l'inflation.

En effet, si à l'année n un stylo coûte 1€ et à l'année suivante n+1 il coûte 1,10€ , alors la vente de 100 stylo nous rapporte 100€ l'année n et 110€ l'année n+1. Il y a 10€ de plus alors qu'on n'a pas produit plus mais exactement la même chose.

Pour éviter ce biais, on va calculer le PIB de notre année n+1, puis grâce à des calculs un peu complexe (en tout cas je ne les connais pas), on va ramener ce PIB au même niveau d'inflation que l'année n. Et une fois les 2 PIB ramenés au même niveau, on calcul la différence pour obtenir notre PIB (on divise par le PIB de l'année n et on multiplie par 100 pour avoir un pourcentage, mais ça c'est pas très important)



La croissance est donc un estimateur, dont sa valeur est basé sur le PIB qui lui même est un estimateur très imparfait. La croissance souffre donc de tous les défaut qu'on peut reprocher au PIB.

Maintenant, si vous entendez quelqu'un dire (citation réelle de politicien)
Citation :
On ne peut pas relancer l'économie sans relancer la croissance
Citation :
La croissance va créer de l'emploi
Citation :
Il faut soutenir/relancer la croissance
Vous pourrez lui dire qu'il ne comprend rien à ce qu'il dit, que c'est le soutien de l'économie qui crée la croissance et pas l'inverse, que la croissance ne visualise pas les inégalités (on estime que cette dernière année 80% de ce qui a permit de générer la croissance à profité au 1% des français les plus riches), etc...
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Ven 08 Juin 2018, 18:33

Comme tu le dis à un moment, une hausse de la démographie provoque mécaniquement une hausse de la croissance. Est-ce que c'est pour cela que par exemple en France, on a une politique migratoire et de natalité qui souhaite une augmentation démographique (ainsi que pour payer les retraites, mais ce n'est pas le sujet ici) ?
Le souci c'est que le nombre d'habitants d'un pays ne peux pas continuer à s'étendre continuellement car cela provoque un problème lié aux ressources (pénurie) ainsi que d'autres soucis (prix des logements).
Peut-on souhaiter la fin de la croissance sans qu'il y ait mécaniquement une crise économique à l'échelle d'un pays ? Et plus exactement, un pays peut-il être en bonne santé, avec un équilibre, c'est à dire une croissance 0, une démographie assez stable ou en très légère augmentation ? J'aimerai avoir un avis objectif là dessus car j'ai l'impression qu'on va droit dans le mur avec cette recherche absolue de croissance, mais je n'ai peut-être pas l'ensemble des clefs pour comprendre.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Ven 08 Juin 2018, 18:50

En effet, on a une politique de nalatité entre autre dans ce but (en tout cas, d'après certains "vrais" économistes (donc pas ceux qu'on entend à la télé) que j'ai pu écouter. La personne à laquelle je pense avait même cette formule : "on ne fera pas plus de richesse, on fera seulement plus de pauvre". Cette course à la croissance est en train d'aggraver les inégalités de façon assez grave.

Du coup, tu as raison, on arrive à la limite que peut supporter notre planète (on l'a même dépassé je pense).

Comme je l'ai dit, la croissance c'est qu'un calcul d'enrichissement en moyenne. Une croissance de zero ne poserait pas de problème en soit puisqu'on continuerait à produire exactement autant, en moyenne. On peut donc avoir une croissance de 0 et chercher à mieux répartir la richesse, par exemple en payant plus de fonctionnaire au lieu de donner des subventions aux multinationales. En gros ça veut dire que la somme de l'argent qui circule dans l'ensemble des tuyaux est la même, mais chaque tuyaux verra une quantité d'argent différente.
Par contre, on ne peut pas "enrichir" certain sans en appauvrir d'autre si on a une croissance de 0, puisque cette croissance correspond à la somme des enrichissements.

Donc oui, plutôt que de chercher à tout pris la croissance facile (qui en générale se traduit par des cadeaux fiscaux aux multinationales), on gagnerait plus à répartir mieux les richesses (surtout les plus pauvres bien entendu), et laisser la croissance se faire à partir de là (en gros ne pas directement agir sur la croissance, mais agir sur l'économie, ce qui modifiera la croissance, c'est un peu le même problème que la chaleur et la température en faite, agir sur la chaleur fait varier la température, pas l'inverse)
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Ven 08 Juin 2018, 19:00

Donc mieux répartir l'argent généré oui, surtout que les classes moyennes et populaires contribuent "mieux" à l'économie de base. Ils achètent des produits plus utiles / dans une économie plus locale, alors que les classes aisées achètent des produits de luxes / vers des grands groupes.

Je trouve aussi personnellement deux leviers à l'échelle nationale pour augmenter l'argent par rapport à l'actuel : cajoler les touristes, pour qu'ils reviennent ou en fassent revenir (ce sont des rentrées d'argent) ; trouver un moyen de limiter le plus possible la fraude / évasion fiscale (de l'argent qui n'est pas redistribuée dans l'économie nationale).
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Sam 09 Juin 2018, 14:12

Le problème pour l'évasion fiscale, c'est qu'on critique celle qui part de chez nous, mais one ne dit rien pour celle qui part des pays pauvres vers chez nous.
J'ai cru comprendre (mais c'est des "on dit") que si on devait supprimer les 2, la balance serait négative pour nous.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Dim 17 Juin 2018, 00:10

Article intéressant ^^ C'est tout de même triste de voir que les politiciens soit disant capables de gouverner un pays disent des choses incohérentes quoique cela ne m'étonne plus..
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Dim 17 Juin 2018, 22:03

Le mot croissance est devenu un mot valise, le but est de le placer même quand le contexte ne s'y prête pas
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Sam 07 Juil 2018, 19:36

Petit billet qui commence à toucher du doigt l'équation monétariste (et tous les problèmes et contradictions qu'elle implique). Félicitations évidemment, comme d'habitude.

Je me permets quelques remarques.

Citation :
Notez que sur mon schéma, le PIB est exactement ce que j'ai représenté par "$$$" puisque chaque productivité est rémunérée. On peut donc lire le PIB à 2 endroits, dans le flux des entreprises vers les consommateurs et dans le flux des consommateurs vers les entreprises. Ces 2 valeurs sont donc parfaitement identique. Notez que je n'ai pas représenté l'état dans mon schéma, mais les transferts d'argents via l'état comptent aussi.
De manière plus formelle on peut lire le PIB à trois reprises :
- le PIB est la somme de la valeur ajoutée créée par les entreprises
- le PIB est la somme des revenus (et ce qui est assimilable aux revenus)
- le PIB est la somme des dépenses qui ne sont pas liés à la production.

Néanmoins, ces termes revêtent des réalités assez complexes. On ne détaille pas les importations ou exportations et la frontière entre dépenses de consommation et dépenses de production est assez floue, ce qui rend l'exercice peu intuitif pour les non-économistes.

On note évidemment le corollaire évident : augmenter la production, la consommation ou les dépenses revient au même. Evidemment, ce constat est soumis au piège que Sacha indique après, l'inflation.

Citation :
C'est un peu l'idée mais il y a un piège : l'inflation.

En effet, si à l'année n un stylo coûte 1€ et à l'année suivante n+1 il coûte 1,10€ , alors la vente de 100 stylo nous rapporte 100€ l'année n et 110€ l'année n+1. Il y a 10€ de plus alors qu'on n'a pas produit plus mais exactement la même chose.

Pour éviter ce biais, on va calculer le PIB de notre année n+1, puis grâce à des calculs un peu complexe (en tout cas je ne les connais pas), on va ramener ce PIB au même niveau d'inflation que l'année n. Et une fois les 2 PIB ramenés au même niveau, on calcul la différence pour obtenir notre PIB (on divise par le PIB de l'année n et on multiplie par 100 pour avoir un pourcentage, mais ça c'est pas très important)
Grosso modo, on peut trouver le PIB réel en ajustant le PIB nominal grâce à l'indice des prix à la consommation (IPC). Et là, bon, c'est la foire à la saucisse, puisqu'il n'y a rien de formel dans la méthode. Pour faire simple, on a un panier moyen de biens et services qu'on pondère en fonction de leur poids dans la consommation générale. Ensuite, on fixe plus ou moins arbitrairement l'IPC pour notre intervalle de temps.

L'endroit où on a des problèmes, c'est dans le cas d'innovation : est-ce que la hausse des prix est due à de la pure inflation ou due à une amélioration technologique ?

Bon, évidemment, il y a plein de problèmes sous-jacents avec cette indicateur, ce qui a été démontré des milliers de fois, mais c'est pour donner un aperçu de la méthode.

______________

Le seul petit souci que j'ai avec ce billet, c'est qu'il ne va pas au bout des choses pour montrer ce qui est vraiment dangereux. Il manque la petite dernière partie et la conclusion (bien que tu abordes ça dans tes réponses).

Comme tu l'as dit, le PIB n'est pas un indicateur de la richesse, mais des flux de richesses. En gros, on s'intéresse à la production, mais pas au stock déjà présent, formé pendant les années précédentes. On peut se dire naturellement que peu importe la valeur du PIB, s'il est positif, on s'enrichit toujours. Mais pourquoi cherche-t-on la croissance, aujourd'hui ? Eh bien, parce qu'elle représente intuitivement une hausse du niveau de vie (n'oubliez pas, PIB/hab. = salaire moyen, donc une hausse du PIB/hab. représenterait une hausse du salaire moyen et du niveau de vie, ce qui pourrait se tenir, mais comme l'a dit Sacha, c'est faux aujourd'hui, dans nos sociétés avec des inégalités de répartition).

Or, il faut se souvenir que le PIB est composé des biens et des services. Parmi ceux-ci, une partie est non-stockable. Exemple : si je construis une école, tout cela va rentrer dans le cadre du PIB des années de constructions. Mais une fois que c'est fini, le PIB ne prendra en compte que les frais de maintenance de cette école. Objectivement, on a une baisse du PIB, donc une décroissance, mais cela ne représente pas la réalité des choses.

D'où le fait que vous voyez qu'on parle des pays émergents qui ont une croissance folle, justement parce qu'ils sont dans cette phrase de construction ou de reconstruction d'infrastructures. Ici, le PIB est une mesure pertinente et intéressante. N'oubliez pas que le PIB (enfin, son ancêtre, le Produit National Brut) a été inventé pendant la Seconde Guerre mondiale, où on voulait mesurer a) l'effort de guerre et b) la reconstruction des pays. C'est la même situation que dans les pays émergents actuels : le PIB était donc valable et intéressant (sûrement l'un des meilleurs outils inventés pendant le XXe siècle). C'est juste que le contexte actuel l'a vidé de son intérêt intrinsèque, ce que les politiques n'ont pas encore compris.

Ensuite, Sacha a pointé ça sans conclure, mais il est évident que le PIB ne prend pas tout en compte (le travail au noir ou le travail bénévole). N'oublions pas que l'économie ne se résume pas à son part non-marchande. D'autre part, le PIB utilise comme hypothèse de base que les ressources primaires sont illimitées ou, au moins, substituable. Le PIB ne comprend donc pas la nuance des potentialités de risques.

Surtout, le PIB capture mal le service public. Et c'est ça, le gros problème qu'on a actuellement. Le néo-libéralisme pousse à une privatisation à outrance, parce que cela va augmenter le PIB. Prenons un exemple simple. Vous avez une caserne de pompiers : grosso modo, le PIB sera calqué sur la valeur des salaires, dans le public, disons 10M d'euros. Mais si on privatisait, alors l'entreprise de pompiers voudrait assurer une marge, 10% par exemple. Donc, la caserne tournerait à 11M d'euros. Si on se focalise sur la croissance et donc la maximisation du PIB, vous voyez qu'on préfère évidemment la solution de la privatisation. Et on refuse automatiquement la solution des pompiers publics, même si elle coûte moins cher.

Le gros biais, c'est donc d'utiliser l'argument du PIB pour choisir entre public et privé (pourtant, c'est ce que le gouvernement fait aujourd'hui avec la SNCF, l'éducation dans le supérieur ou pour la Sécu), soit disant parce que la privatisation augmente le PIB et le niveau de vie.

Or, on peut objecter une dernière fois. Le PIB compte toute la richesse marchande produite. Or, dedans, on trouve des éléments qui n'augmentent même pas vraiment le niveau de vie. Prenons l'exemple de la pollution. Cette dernière demande l'instauration de soins et des mesures contre la pollution, ce qui est compté dans le PIB. Pourtant, le niveau de vie n'est pas augmenté, il est tout juste stabilisé (somme nulle entre les dégâts de la pollution et les mesures prises contre elle). Mais s'il n'y avait pas de pollution, l'argent mis dans les mesures anti-pollution pourrait être redirigé dans d'autres choses (écoles, recherche, etc.). Dans ce second cas, il y aurait donc une réelle augmentation du niveau de vie.

Vous voyez bien que si le PIB ne change pas factuellement entre les deux situations, la seconde (celle où l'on ne pollue pas) fait clairement monter le niveau de vie.

En fait, le PIB n'est pas un indicateur du niveau de vie, mais bien, comme le dit la définition, de la dépense du pays. Est-ce que cette dépense est allouée pour un réel progrès commun ? Ou est-elle utilisée pour essayer de sortir la société de multiples problèmes qu'elle a créée toute seule en voulant augmenter son PIB ?

Voyez ça comme ça : blesser une personne et la soigner ensuite ne crée rien d'intéressant et de pertinent pour la société, mais les soins prodigués vont être comptabilisés dans le PIB.

Pour conclure, j'aimerais finir sur le chômage grâce à cette citation de politiciens qu'a inséré Sacha :

Citation :
La croissance va créer de l'emploi
En effet, tout est pris à l'envers.

Dans le contexte de la reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale, le chômage était très faible et la croissance était impressionnante (une des meilleures croissances mondiales). Mais pourquoi donc ? On l'a dit, le PIB ne prend pas en compte le capital déjà existant. Or, la guerre a détruit ce capital stocké qui ne devait pas être détruit. Donc, il a fallu mettre les bouchées doubles pour refaire le trésor, en plus des activités non-stockables (alimentation, services directs, etc). Donc, oui, il y avait eu une période avec beaucoup de travail, mais d'un autre côté, le niveau de vie n'a pas vraiment augmenté par rapport à avant-guerre (je simplifie, mais vous voyez l'idée).

Dans le scénario extrême, pour maximiser le PIB, il faudrait tout détruire, pour tout reconstruire. Vous pouvez trouver cette pensée exacte dans le bouquin 1984 où les trois blocs sont en guerre perpétuelle, justement pour pouvoir envoyer des ressources dans les régions sinistrées et pouvoir faire de l'emploi. Mais est-ce que la société en gagne quelque chose de positif ? Non.

Ce qui est triste, c'est qu'on se dirige vers ça, actuellement. Et tous les médias et autres sont complaisants avec cet état de fait.

____________

Déso pour la qualité générale de cette réponse, j'ai un peu écrit ça au fil de l'eau, sans rien structurer.
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Sacha
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.   Dim 08 Juil 2018, 18:57

On est tellement d'accord!

MeitanteiEdogawa a écrit:
Petit billet qui commence à toucher du doigt l'équation monétariste (et tous les problèmes et contradictions qu'elle implique). Félicitations évidemment, comme d'habitude.

Je me permets quelques remarques.

Citation :
Notez que sur mon schéma, le PIB est exactement ce que j'ai représenté par "$$$" puisque chaque productivité est rémunérée. On peut donc lire le PIB à 2 endroits, dans le flux des entreprises vers les consommateurs et dans le flux des consommateurs vers les entreprises. Ces 2 valeurs sont donc parfaitement identique. Notez que je n'ai pas représenté l'état dans mon schéma, mais les transferts d'argents via l'état comptent aussi.
De manière plus formelle on peut lire le PIB à trois reprises :
- le PIB est la somme de la valeur ajoutée créée par les entreprises
- le PIB est la somme des revenus (et ce qui est assimilable aux revenus)
- le PIB est la somme des dépenses qui ne sont pas liés à la production.

Néanmoins, ces termes revêtent des réalités assez complexes. On ne détaille pas les importations ou exportations et la frontière entre dépenses de consommation et dépenses de production est assez floue, ce qui rend l'exercice peu intuitif pour les non-économistes.
Oui, je n'ai pas représenter le 1er sur mon schéma. Mais comme les 3 sont équivalents, je ne voulais pas trop complexifier le truc.

MeitanteiEdogawa a écrit:

Le seul petit souci que j'ai avec ce billet, c'est qu'il ne va pas au bout des choses pour montrer ce qui est vraiment dangereux. Il manque la petite dernière partie et la conclusion
Mon objectif était vraiment de décrire ce qu'était la croissance, pas forcément de la critiquer (en tout cas, pas sur ce premier post, mais plus en débattant après ou dans de futurs billets). Et je partage complètement ta vision, du coup je te remercie de ce post ^^

MeitanteiEdogawa a écrit:

Grosso modo, on peut trouver le PIB réel en ajustant le PIB nominal grâce à l'indice des prix à la consommation (IPC). Et là, bon, c'est la foire à la saucisse, puisqu'il n'y a rien de formel dans la méthode. Pour faire simple, on a un panier moyen de biens et services qu'on pondère en fonction de leur poids dans la consommation générale. Ensuite, on fixe plus ou moins arbitrairement l'IPC pour notre intervalle de temps.

L'endroit où on a des problèmes, c'est dans le cas d'innovation : est-ce que la hausse des prix est due à de la pure inflation ou due à une amélioration technologique ?
Merci beaucoup, je ne savais pas ^^
Par contre, oui, je savais qu'il y avait une difficulté de différencier si le prix augmente car il y a une innovation technologique ou simplement une hausse des prix.

MeitanteiEdogawa a écrit:
Or, il faut se souvenir que le PIB est composé des biens et des services. Parmi ceux-ci, une partie est non-stockable. Exemple : si je construis une école, tout cela va rentrer dans le cadre du PIB des années de constructions. Mais une fois que c'est fini, le PIB ne prendra en compte que les frais de maintenance de cette école. Objectivement, on a une baisse du PIB, donc une décroissance, mais cela ne représente pas la réalité des choses.
C'est exactement ça, le PIB évalue la richesse produite, rien d'autre. Ce n'est pas un indicateur à condamner, mais il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas.
Pour l'exemple de l'école, le PIB prend quand même en compte la "valeur de l'éducation" comme étant la valeur du salaire des éducateurs. Mais quand on compare le salaire faible d'un professeur des écoles avec celui d'un ministre ou d'un footballeur, peut-on réellement dire que cette "valeur de l'éducation" vaut autant moins ? Je pense personnellement que ça serait sous-estimer cette valeur de l'éducation.

Mais ce que tu veux vraiment souligner ME, c'est effectivement que si l'école est déjà construite, alors le pays possède cette richesse, alors qu'elle n'est plus compter dans le PIB les années suivante. En effet, le PIB mesure un flux, il calcule donc les richesses produites, pas celle déjà produite avant. L'utiliser pour visualiser la valeur d'une école est absurde. L'utiliser pour évaluer la production de bâtiment l'est.

MeitanteiEdogawa a écrit:
Voyez ça comme ça : blesser une personne et la soigner ensuite ne crée rien d'intéressant et de pertinent pour la société, mais les soins prodigués vont être comptabilisés dans le PIB.
Oui, c'est en faite toujours la même remarque, le PIB évalue la circulation de l'argent, pas le bien être de la société. Blesser et soigner permet réellement d'enrichir le pays, mais est-ce vraiment une telle économie que nous voulons? L'enrichissement du pays à tout pris est-il un principe vraiment judicieux?

L'économie doit servir la société. Ce n'est pas à la société de se sacrifier pour "optimiser" l'économie. En tout cas, c'est ce que je pense.


MeitanteiEdogawa a écrit:

Dans le scénario extrême, pour maximiser le PIB, il faudrait tout détruire, pour tout reconstruire. Vous pouvez trouver cette pensée exacte dans le bouquin 1984 où les trois blocs sont en guerre perpétuelle, justement pour pouvoir envoyer des ressources dans les régions sinistrées et pouvoir faire de l'emploi. Mais est-ce que la société en gagne quelque chose de positif ? Non.
Ce n'était pas la politique de Berlusconi que de maintenir le pays dans un niveau d'après guerre pour maintenir la croissance?
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Petit dictionnaire de l'économie : La croissance.
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